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La consommation de marijuana liée à une augmentation des pensées suicidaires

(07/07-2021) – Selon une étude de l’Institut National Américain sur l’Abus des Drogues (National Institute on Drug Abuse – NIDA) parue fin juin, les jeunes qui consomment de la marijuana semblent avoir plus d’idées suicidaires et font plus de tentatives de suicide que les autres.

Le risque qu’une personne entre 18 et 34 ans pense à, planifie ou tente de se suicider augmente avec la quantité de marijuana qu’elle consomme, selon les résultats publiés le 22 juin dans la revue médicale JAMA Network Open.

Selon les résultats, même la consommation occasionnelle de marijuana est associée à un risque plus élevé d’idées, de plans et de tentatives suicidaires lorsqu’on compare avec les gens qui n’en consomment pas du tout. Plus les gens consomment souvent et plus le risque augmente.

Le risque d’avoir ces pensées augmente, que le consommateur de cannabis souffre ou non de dépression.

Néanmoins les fumeurs de cannabis qui souffrent de dépression courent un risque plus élevé de suicide que les autres. Les femmes sont plus touchées par ce lien que les hommes.

Qu’on ait ou non des antécédents de dépression, la consommation de cannabis augmente considérablement le risque de comportement suicidaire.

D’après les chiffres, ce n’est pas là un petit effet. C’est un effet important.

Aux États-Unis, le nombre d’utilisateurs de cannabis a plus que doublé entre 2008 et 2019, passant de 22,6 millions à 45 millions. Le nombre d’utilisateurs quotidiens ou quasi quotidiens a presque triplé au cours de la même période, passant de 3,6 millions à 9,8 millions.

En France, d’après France info:

Les Français semblent fumer de plus en plus de cannabis. Les niveaux de consommation de cette substance en 2017 « s’avèrent être les plus élevés depuis 25 ans », a révélé le Baromètre santé 2017 de Santé publique France, réalisé avec l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), lundi 26 novembre.

La part des consommateurs dans l’année (11%) n’a que légèrement progressé par rapport à la dernière enquête, réalisée en 2014 (10,6%). Mais elle reste élevée en France. Le pays comptait cinq millions de consommateurs de cannabis en 2017, dont 700 000 usagers quotidiens, selon les chiffres officiels.

Plus d’un adulte sur dix déclare en avoir fumé l’an dernier. « Le cannabis demeure la première substance illicite diffusée dans la population », note l’étude, avec 44,8% des Français à l’avoir expérimenté. (Source)

D’après l’étude américaine (je n’ai pas les chiffres d’une étude correspondante en France), le nombre de personnes ayant récemment souffert de dépression majeure est passé de 14,5 millions à 19,4 millions, et le nombre de personnes suicidaires est passé de 8,3 millions à 12 millions, selon les chercheurs. Les décès annuels par suicide sont passés d’environ 35 000 en 2008 à près de 45 900 en 2019.

Selon les chercheurs, on peut suivre l’indice de probabilité de pensée ou de tentative de suicide en fonction du niveau de consommation de marijuana d’une personne.

Par exemple, parmi les personnes qui ne souffrent pas de dépression dans l’enquête 2018-2019 :

14 % des hommes et 18 % des femmes souffrant de troubles liés à la consommation de cannabis ont pensé au suicide, contre 4 % pour des deux sexes n’ayant pas reçu de diagnostic de consommation problématique de cannabis.

Près de 9 % des hommes et 13 % des femmes consommatrices quotidiennes ou quasi quotidiennes ont pensé au suicide, contre 6,5 % des hommes et 9 % des femmes consommatrices occasionnelles et 3 % des deux sexes non consommateurs.

La planification et les tentatives de suicide ont été suivies de la même manière en fonction du niveau d’utilisation, et l’effet a été amplifié chez les personnes souffrant de dépression. Parmi les dépressifs:

51 % des hommes et 57 % des femmes souffrant de troubles liés à la consommation de cannabis pensaient au suicide, contre environ 40 % pour les deux sexes n’ayant pas reçu de diagnostic de consommation problématique de cannabis.

56 % des hommes et 55 % des femmes consommatrices quotidiennes ou quasi quotidiennes ont pensé au suicide, contre 43,5 % des hommes et 47 % des femmes consommatrices occasionnelles et 38 % des hommes et 34 % des femmes non consommatrices.

Il est important de se souvenir qu’il s’agit ici d’une association de faits et qu’en tant que telle, elle peut fonctionner dans les deux sens.

Il se peut que les personnes sujettes au suicide se tournent vers la marijuana comme forme potentielle de soulagement. Il serait donc important de se demander si la consommation de cannabis en est la cause, la conséquence, ou s’il s’agit tout simplement de facteurs qui coexistent.

Il est également possible que le suicide et la consommation de marijuana partagent des risques génétiques communs, et se produisent en même temps chez les personnes porteuses de ces gènes.

De toute façon, toute personne aux prises avec des idées suicidaires devrait demander de l’aide, et le cannabis seul ne sert pas à grand-chose.

Il est important de se souvenir que la marijuana peut augmenter les sentiments de dépression et d’anxiété d’une personne en interférant avec la capacité du cerveau à faire face à ces sentiments.

L’une des choses que la marijuana fait est qu’elle diminue considérablement l’anxiété. Mais une fois que l’on n’est plus influencé par elle, on est moins capable de moduler son anxiété.

L’usage du cannabis influence également le comportement impulsif, et pour certaines personnes, le suicide est un acte essentiellement impulsif: On se sent plus ou moins bien et puis tout d’un coup, il y a ce besoin urgent de se suicider.

Ces actes impulsifs de suicide ont été associés dans le passé à la marijuana.

Il est également possible que le cannabis (tout comme d’autres drogues) agisse comme une espèce de « procrastination chimique », permettant aux gens d’ignorer les sentiments troublants pour lesquels ils devraient demander l’aide d’un professionnel.

Ça en revient à se bourrer de médocs: On a un problème qu’on ne veut pas ou qu’on n’ose pas traiter, alors au lieu de prendre le taureau par les cornes, on prend un produit chimique quelconque: Anxiolitique, cannabis, alcool…

Plus on laisse passer le temps, plus cela devient difficile. Beaucoup ont un peu tendance à se dire que si on n’a pas réglé ses problèmes en un, deux ou trois jours, ces problèmes ne sont pas réparables. Pas parce qu’on a essayé et qu’on a échoué, mais simplement parce que les jours ont passé et que l’on a rien fait.

L’augmentation de l’utilisation de la marijuana en tant que médicament pourrait amplifier cet effet.

Il y a beaucoup d’exagération sur les avantages cliniques potentiels de la marijuana, et cela amène beaucoup de gens qui n’en auraient jamais utilisé à commencer à en consommer.

Ce qui peut faire peur avec la marijuana, c’est qu’une grande partie des informations diffusées sur Internet ne sont pas nécessairement exactes, mais qu’elles se propagent de manière très agressive. Les retombées risquent d’en surprendre plus d’un. (Cyril Malka)

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