MALKA

Coaching - Psychologie - Développement Personnel

Une femme de 24 ans est morte à l'hôpital le 15 août, car, étant Témoin de Jéhovah, elle a refusé de recevoir du sang.

(28/10-1996) – Dans ce qui s'est passé ici, il nous faut noter trois choses.

La première chose est qu'il n'est pas interdit aux Témoins de Jéhovah de recevoir du sang.

La deuxième est que le rôle des Comités de liaison hospitalier dans les hôpitaux et la pression sur le patient est beaucoup plus importante que Monsieur Jørgen Larsen, Coordinateur des Témoins de Jéhovah au Danemark, ne veuille le laisser paraître dans son article du 19 octobre dans Kristeligt Dagblad.

Enfin, j'aimerais insisiter sur l'expression utilisée par monsieur Jørgen Larsen dans son article. Il dit en parlant de l'exclusion que “c'est comme témoigner de la froideur à quelqu'un, comme un mauvais élève à l'école“. Je trouve cette analogie de très mauvais goût, surtout lorsqu'on connaît les retombées psychologiques de l'exclusion, qui peuvent aller jusqu'à pousser les anciens Témoins au suicide.

Prenons ces trois points l'un après l'autre : La raison la plus utilisée pour refuser la transfusion est basée d'une part de la Genèse 9:3-4, qui traite de l'interdiction de manger le sang (la loi casher.)

La même interdiction est répétée dans les Actes des Apôtres :

Ma décision est donc de ne pas inquiéter ceux des nations qui se tournent vers Dieu, mais de leur écrire de s'abstenir des choses qui ont été souillées par les idoles, et de la fornication, et de ce qui est étouffé, et du sang” (Ac 15,19- 20.)

D'après la Watch Tower, on dit que lorsqu'il est interdit de manger du sang, il ne peut logiquement pas être autorisé de se l'injecter dans les veines… Jusqu'ici, ça va… Je suis bien…

Mais tout d'un coup, on change le, si j'ose dire, fusil d'épaule…

Dans la brochure “Comment le sang peut-il vous sauver la vie” (1990) éditée par la société de la Watch Tower, il est écrit :

Bien que ces versets ne soient pas formulés dans un langage médical, les Témoins considèrent qu'ils condamnent les transfusions de sang total, de concentrés érythrocytaires et de plasma, ainsi que l'administration de globules blancs et de plaquettes. Toutefois, la compréhension qu'ont les Témoins de ces versets n'interdit pas absolument l'emploi de composants tels que l'albumine, les immunoglobulines et les préparations destinées aux hémophiles : il appartient à chaque Témoin de décider s'il peut les accepter ” (page 27.)

Là, nous sommes un peu à côté du sujet… Je ne me souviens pas avoir lu dans la Bible l'endroit où le Facteur VIII (médicament contre l'hémophilie) est autorisé et où le plasma est interdit… Mais je cherche toujours !

Le plus amusant reste à venir : le plasma est interdit, nous venons de le lire. Mais l'albumine, les immunoglobulines (composant dans les préparations rhésus, également autorisés) et les fibres (qui sont, entre autres, dans les produits contre l'hémophilie, et donc autorisés) sont toutes autorisées.

Ces trois produits, ainsi que de l'eau composent 99 % du plasma… Qui lui, est interdit !

Le Facteur VIII, qui peut garder un Témoin de Jéhovah en vie est autorisé.

Pour manufacturer les produits nécessaires à la survie d'un Témoin de Jéhovah à l'aide du facteur VIII toute sa vie durant, il faudra utiliser 200.000 portions de sang. Ceci est donc autorisé.

Mais le demi-litre de sang pouvant sauver la vie de la mère qui accouche ou de l'enfant accidenté est interdit ?

Là, la Watch Tower se place beaucoup plus haut qu'un conseiller dans l'esprit de Dieu ! Maintenant, la Watch Tower distribue la vie et la mort d'après des règles on ne peut plus obscures.

D'après moi, ces règles ont leur origine dans le fait où la Watch Tower aimerait adoucir ses préceptes. Ça n'est pas une bonne pub chaque fois qu'un Témoin de Jéhovah meurt de manque de transfusion.

Mais le problème est que trop de gens sont morts pour ça jusqu'ici. Il est maintenant clair que l'interdiction du sang ne repose pas seulement sur des principes religieux.

On se repose sur des principes religieux seulement lorsque c'est commode.

Nous pouvons lire ceci dans le matériel “Lorsque la question de la transfusion devient actuelle” (publié par la Watch Tower) qui est une partie du matériel d'enseignement pour les comités de liaison hospitalier de la Watch Tower. (Je suis en train de traduire ce matériel du danois au français.):

“ […] mais lorsque des problèmes juridiques ou médicaux apparaissent par rapport à la transfusion, nous devons appuyer sur le fait que la transfusion est associée à des dangers de complication, même de danger de mort.

Lorsque nous présentons le problème de cette manière, nous nous faisons mieux entendre que si nous en faisions une question de ‘liberté de religion' ou de la ‘sainteté du corps'.

Ces arguments risquent, en effet, d'être compris comme si nous avions envie de mourir – […]

Oui, oui… Je vois… Tout ceci n'est bien entendu qu'un principe religieux !

Tout cela nous amène très naturellement sur les propos de monsieur Jørgen Larsen, d'après lui: ‘le rôle du comité de liaison hospitalier est d'aider la patiente et les docteurs à trouver le meilleur traitement […]'…

Ça n'est pas tout à fait ce que le matériel de ces mêmes comités dit. La plupart de ce matériel se focalise sur la manière dont on traite certaines situations par rapport au personnel de l'hôpital.

Dans une lettre du 6 septembre 1996, adressée à tous les surveillants itinérants, nous pouvons lire, entre autres :

Dans toutes les directions particulières, il y aura dans le futur un département nommé Comités de Liaison Hospitalier. Dans notre direction, il sera prit en charge par les frères du département de service.

Dans tout le pays, les comités de problèmes médicaux seront remplacés. Dans le futur proche, nous allons surtout mettre l'accent sur le contact avec les hôpitaux, les docteurs, le personnel hospitalier, les centres de formation et les ministères publics s'occupant de ces divisions.

[…] Auparavant, il était surtout question de conseiller les frères, maintenant, il est surtout question d'entrer en contact avec des personnes du dehors, et cela change les critères de qui peut s'occuper au mieux de ces questions.

Il n'est donc pas question d'empêcher que la foi du patient faiblisse… Mais tout autant de faire pression sur le personnel.

Nous pouvons nous appuyer sur le texte suivant, qui en fin de compte démontre que la Watch Tower n'est pas intéressée à soutenir ceux qui, en fin de compte en ont plus besoin : les faibles, les fragiles, ceux n'ayant pas une bonne réputation ne reçoivent aucun soutien.

Voici un autre passage de ce même matériel:

Statut et réputation dans la communauté : Est-ce que le patient est baptisé ? Est-il actif dans le service ? A-t-il un conjoint incroyant ? A-t-il des enfants ? Est-ce que le patient est un bon exemple pour le reste de la communauté ?

LE PATIENT A UNE MAUVAISE RÉPUTATION DANS LA COMMUNAUTÉ : expliquez aux anciens locaux pourquoi le comité ne peut pas entrer dans ce cas ou ne le faire que de manière indirecte.

LE PATIENT A UNE BONNE RÉPUTATION DANS LA COMMUNAUTÉ : allez au point 7-.

(Que doit faire le comité de liaison hospitalier en cas d'urgence ? – Page 36)

J'aimerais poser la question une fois de plus : est-il plus important pour la Watch Tower de sauver un Témoin de Jéhovah ou d'éviter une mauvaise réputation ? Est-ce que le rôle du comité de liaison est de soutenir et d'aider ? Dans ce cas : Aider qui ? Contre quoi ? Le fait d'avoir une épouse incroyante (par exemple, une catholique) est-ce quelque chose qui donne une bonne ou une mauvaise réputation ?

Si le but est d'aider le patient, pourquoi est-ce que le rôle principal du comité de liaison est-il d'influencer le personnel hospitalier ? Entre autres en notant leurs noms, ce qu'ils font, et à quelle heure et à quel moment ils le font ? Pourquoi est-ce surtout les ‘Témoins sûrs' qui reçoivent cette aide ? Pourquoi postuler qu'on se centre sur un principe biblique, alors que la Bible est enfouie bien loin de là, sous des piles de ” La Tour de Garde “?

Pour finir, on prétend qu'en cas de faiblesse de la part du patient, celui-ci recevra un ‘témoignage de froideur‘ (très chrétien, lorsqu'on rentre de l'hôpital !)… Le résultat peut, naturellement, très bien être une exclusion. Et dans ce cas, ça n'est pas un ‘témoignage de froideur', comme monsieur Jørgen Larsen l'écrit, mais une peine de mort.

Encore une fois, la Watch Tower se fait juge de la vie et de la mort… Et moi qui croyais que seul Dieu pouvait être juge de ce genre de chose…

Mais on dirait vraiment qu'il me reste pas mal de rattrapage biblique à faire…

© 1996 – Cyril Malka – publié dans Kristeligt Dagblad (Danemark) le 28 octobre 1996.

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