(17/06-2026) – On nous répète depuis des décennies que le cerveau décline inévitablement avec l’âge. Une étude menée par le Center for BrainHealth de l’université du Texas à Dallas vient contredire ce postulat.
Les chercheurs ont suivi 3966 adultes âgés de 19 à 94 ans pendant trois ans. Tous faisaient partie du BrainHealth Project, un programme lancé en 2020 pour étudier comment renforcer la santé cérébrale tout au long de la vie. Les participants consacraient entre cinq et quinze minutes par jour à des exercices d’entraînement cognitif.
Pour mesurer les effets, l’équipe a utilisé un outil maison : le BrainHealth Index. Cet indice combine une vingtaine de mesures, parmi lesquelles des échelles validées comme l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh ou le questionnaire de bonheur d’Oxford. Il évalue trois dimensions : la clarté de pensée, l’équilibre émotionnel et le sentiment de connexion aux autres et à un but.
Premier résultat marquant : les progrès ne s’arrêtent pas avec l’âge. Des améliorations ont été observées même chez des participants octogénaires. Selon les auteurs, cela suggère qu’il n’est jamais trop tard pour agir sur sa santé cérébrale, et qu’il n’est pas nécessaire d’attendre l’apparition de symptômes pour s’y investir.
Deuxième résultat : ce sont les participants qui partaient avec les scores les plus bas qui ont progressé le plus. Les chercheurs avancent une explication simple. Ces personnes auraient davantage de marge de progression, et possiblement plus de motivation à s’investir dans les exercices, en raison de préoccupations préexistantes sur leur propre fonctionnement cognitif.
Troisième résultat, et probablement le plus intéressant : ni l’âge, ni le sexe, ni le niveau d’études ne prédisaient l’ampleur des progrès. Le facteur déterminant était l’engagement, c’est à dire le temps et la régularité investis dans les exercices.
Une réserve s’impose. L’échantillon n’est pas représentatif de la population générale. Les participants étaient majoritairement des femmes blanches diplômées de l’enseignement supérieur. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes cette limite et appellent à davantage de diversité dans les prochaines cohortes.
Reste un message qui mérite d’être retenu. La plasticité cérébrale ne s’arrête pas à un âge donné. Le cerveau n’est pas figé par le temps qui passe. Il reste sensible à ce qu’on lui demande de faire, même après 80 ans. (Cyril Malka)
Sources: Cook, L.G., Spence, J.S., Chang, Z., Venza, E.E., Tate, A., Robertson, I.H., D’Esposito, M., Ling, G.S.F., Wigginton, J.G., Chapman, S.B. « Measuring and increasing the brain health span across adulthood: a public health imperative »,
Scientific Reports, 2026. DOI : 10.1038/s41598-026-51403-3. Via ScienceDaily, The University of Texas at Dallas, 13 juin 2026.




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