MALKA

Coaching - Psychologie - Développement Personnel

À propos d'une multinationale qui utilise la religion comme prétexte…

(12/08-1993) – Les Témoins de Jéhovah sont encore une fois, au centre des débats des médias. Un enfant de quinze ans est mort récemment dû au fait qu'il n'a pas reçu de transfusion sanguine en relation avec un traitement de chimiothérapie contre la leucémie (le cancer du sang.)

Le débat qui, encore une fois se dresse est: “Est-ce que les Témoins de Jéhovah ont le droit de dire non au sang ?”. Mais cette fois, le débat est modéré, pour la bonne raison que quelqu'un demande de l'action ! Nous ressentons que ce débat doit être rejeté, dû au fait qu'il s'agit d'une guerre de religion. C'est le genre de chose que nous ne pratiquons pas, ici ; nous sommes si tolérants ! Mais il n'est maintenant plus question de religion ! Cette fois, il s'agit de législation et de morale.

Lorsque l'on demande à un Témoin de Jéhovah, pourquoi il ne reçoit pas de sang, il répond quelque chose de ce genre : “il est écrit, dans la Genèse, 9:3,4 que tout ce qui rampe et qui vit vous servira de nourriture : je vous le donne comme je l'ai fait des végétaux. Pourtant, vous ne mangerez pas de chair avec sa vie, (c'est-à-dire) avec son sang” (1.) Après ça, il renvoie généralement à “Actes” 15:19,20. (2)

Après avoir écouté ça, nous avons tendance à penser qu'il s'agit ici d'une question religieuse. Ça tombe sous le sens d'avoir la liberté de croire ce que l'on veut, et c'est difficile à attaquer. S'il ne s'agissait que de ça, le débat ne serait qu'une bonne discussion dans les médias, où nous pourrions être d'accord ou pas. Mais, malheureusement, les choses ne sont pas ainsi !

Nous savons tous maintenant, que depuis les premiers jours de la transfusion, en 1945, les Témoins de Jéhovah ont dit non au sang. Une transfusion de sang pouvait aboutir à la perte de la vie éternelle, et à l'exclusion de leur société religieuse. Mais au cas où il s'agit d'une question religieuse, il faut donc dire non merci au sang, sous n'importe quelle forme.

Mais dans la brochure “Comment le sang peut te sauver la vie” (1990) éditée par la société de la Watch Tower, il est écrit (clairement) page 27 :

Bien que ces versets ne soient pas formulés dans un langage médical, les Témoins considèrent qu'ils condamnent les transfusions de sang total, de concentrés érythrocytaires et de plasma, ainsi que l'administration de globules blancs et de plaquettes. Toutefois, la compréhension qu'ont les Témoins de ces versets n'interdit pas absolument l'emploi de composants tels que l'albumine, les immunoglobulines et les préparations destinées aux hémophiles: il appartient à chaque Témoin de décider s'il peut les accepter ” (puis un renvoi à la “Tour de Garde” 1978, 15. Sept., pages 22 à 24)

Voici que cela devient encore plus grotesque : le plasma est interdit (cf. ci-dessus), mais l'albumine, les immunoglobulines et les fibrinogènes (qui sont comprises dans les médicaments contre l'hémophilie) sont autorisés… Le problème est que ces trois éléments, ainsi que l'eau, composent 99 % du plasma… Qui lui est interdit… Le plasma constitue 55 % du sang…

D'un côté, quelque chose est autorisé, de l'autre elle est interdite. Puis nous pouvons continuer la discussion sur la base religieuse. Mais maintenant, nous nous sommes déjà déplacés à bonne distance du sujet d'origine qui était: ou bien on interdit le sang ou bien on l'autorise ! Il n'est pas tellement logique qu'une partie en soit autorisée sous certaines circonstances, tandis que d'autres sont interdites en d'autres circonstances ! Là où j'aimerais bien essayer d'aiguiller la discussion est de quelle manière peut-on, au nom de la religion, s'autoriser à:

– Composer des groupes de pression qui se présentent à l'hôpital pour, d'une manière “gentille et réjouissante”, faire pression sur le malade pour l'empêcher, dans un instant de faiblesse, de recevoir du sang. N'est-ce pas intervenir dans la liberté de choisir de l'individu ?

– Ce que ces mêmes groupes de pression, enregistrent le personnel de l'hôpital qui est impliqué aux cas, où il y a une possibilité de forcer une transfusion sanguine. N'est-il pas illégal d'enregistrer les gens ? Surtout lorsque nous savons avec quelle légèreté la société de la Watch Tower traite de la loi sur l'enregistrement (3.)

– Faire pression sur les membres de la secte qui ont accès aux journaux ou autres dossiers à trahir leur secret professionnel et à dénoncer les coreligionnaires qui ont, par exemple, choisi de recevoir un traitement allant contre la doctrine de la secte. Est-ce que l'incitation au crime n'est pas punissable dans ce pays ?

Je voudrais ici insister sur la “Tour de Garde” du premier septembre 1987, de la page 12 à la page 15, dans lesquelles on nomme un exemple à suivre dans l'article : “Un temps pour parler – Dans quel cas ?” dans lequel on construit un exemple parlant d'une jeune fille, Mary, qui travaille dans un hôpital et entre en possession d'informations confidentielles sur l'une de ses “consœurs”. Comment doit-elle agir ? Doit-elle se taire, comme prévu par la loi ou doit-elle parler et dénoncer sa consœur au “Conseil des Anciens”?

Le choix est simple : nous autres, hérétiques, sommes de toute façon condamnés à la destruction totale, et le discours de la société de la Watch Tower fait office de loi. Donc bien sûr, Mary doit trahir son secret professionnel et dénoncer sa consoeur. Sans ça, ayant connaissance d'un pêché commis par un autre, elle est complice si elle choisit de se taire (d'après les lignes de conduite de la Watch Tower.) En fin de compte, elle n'a pas le choix !

Apparemment, tout ceci est faisable, lorsque l'on utilise la religion comme prétexte. Et aucun de nous n'ose s'en mêler, car il est alors question de persécution [contre une croyance.]] Le problème est que la base religieuse a totalement disparu ! En fin de compte, il est ici question d'illégalité et de manque de morale.

Nous avons peur de toucher au sujet “Témoins de Jéhovah”, car nous croyons être en face d'une religion. Mais ce n'est pas le cas !

Bien au contraire, nous sommes en face d'une société multinationale, comme beaucoup d'autres, qui, au Danemark, profite de la liberté de religion pour exploiter le système. Il faut également ajouter, qu'officiellement, la société de la Watch Tower est une société philanthropique. Il est ici question de loi fiscale.

Au Mexique, par exemple, les Témoins de Jéhovah sont un groupement culturel ! Ceci dû au fait qu'au Mexique, les sectes n'ont pas le droit d'être propriétaires. Et la Watch Tower est apparemment si désolée de cet état de fait, qu'ils ont choisi de ne pas y regarder de si près pour ce qui est de la religion…

Il faut ajouter ici, que pour obtenir le statut de groupement culturel au Mexique, la société de la Watch Tower a été obligée de convaincre le gouvernement que la “Traduction du monde nouveau” (Ce que l'on appelle, en langage courant : La ” Bible des Témoins de Jéhovah”) n'est pas la Bible. Qu'ils ont été obligés de convaincre le gouvernement mexicain que “La Tour de Garde” et “Réveillez-vous!” ne sont pas des périodiques religieux, et que, ce qu'ils pratiquent n'est pas une religion…

Ils sont prêts à laisser les gens mourir pour, disent-ils, un principe religieux, mais s'ils sont touchés au portefeuille, dû au fait qu'ils sont une organisation religieuse, c'est trop ! Au Mexique, les Témoins de Jéhovah sont donc obligés de recevoir des transfusions de sang ; ce dont ils se tirent très bien, tant qu'ils peuvent garder leurs terres.

Devrions-nous, au Danemark, nous laisser dicter par une société multinationale ? Changerions-nous la loi du pays si par exemple Coca-Cola ou IBM l'exigeait ?

Le problème n'est pas que les Témoins de Jéhovah s'autorisent à dire non au sang. Le problème est :

– Est-ce que la société de la Watch Tower peut s'autoriser à faire pression sur les gens qui sont malades, à l'aide, entre autres de ces groupes de pression ?

– Est-ce que la société de la Watch Tower peut s'autoriser à enregistrer les employés du secteur médical ?

– Est-ce que la société de la Watch Tower peut s'autoriser à presser ses membres de violer la loi, n'est-ce pas inciter au crime ?

La société de la Watch Tower essaye constamment de renverser le débat de façon à donner l'impression qu'il s'agit d'une “persécution” contre leur croyance, qui, en plus, se tient à la Bible. Mais essayons de garder le débat là où il doit être, au lieu de redémarrer à zéro à chaque fois.

Il n'est pas ici question de prendre un parti religieux, il est question de prendre un parti moral, et ensuite, il s'agit tout simplement de législation. Ce qui veut dire que tout le monde peut et doit se mêler au débat. Il est ici question de nous tous, sans exception.

© Cyril Malka – publié dans Kristeligt Dagblad (Danemark) le 12 août 1993.

Notes
(1) Nouvelle version Segond révisée – 1991. Dans mon article, en danois, je m'appuie sur la version autorisée de l'église danoise (retour).

(2) C'est pourquoi, je juge (bon) de ne pas créer de difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais de leur écrire qu'ils s'abstiennent des souillures des idoles, de l'inconduite, des animaux étouffés et du sang. (Actes des Apôtres 15, 19-20; nouvelle version Segond révisée – 1991.) (ajouté sous la traduction).

(3) Une allusion, au fait que, en 1992, il s'est avéré que la société de la Watch Tower, enregistrait tous ses membres. Également ceux qui ont été exclus, ainsi que les raisons de l'exclusion. Ce qui, des fois, dévoilait des côtés extrêmement intimes de la vie privée des gens. D'après la loi danoise, personne ne peut être enregistré, sans le savoir, et personne ne peut être enregistré plus de 5 ans, quelle que soit la raison. Ces deux règles ont été violées par la société de la Watch Tower. (ajouté sous la traduction).

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