(25/01-2026) – Une étude récente montre qu’une conversation civile entre deux personnes qui ne sont pas d’accord peut réellement modifier leur façon de penser. Michael Kardas, de l’Université du Wisconsin-Madison, a également découvert que les gens évitent ces discussions parce qu’ils croient, à tort, qu’elles ne serviront à rien.
Dans une première étude, 154 participants américains ont évalué s’ils préféraient les chats ou les chiens comme animal de compagnie. Ensuite, ils ont discuté dix minutes avec quelqu’un qui pensait différemment. Avant la discussion, on leur a demandé de prédire si leur opinion (ou celle de l’autre) allait changer.
Résultat: les participants ont sous-estimé à quel point leurs propres opinions et celles de leur partenaire allaient s’adoucir. Ils ont aussi sous-estimé à quel point ces changements seraient visibles. Une semaine plus tard, ces changements d’attitude étaient toujours là.
Dans une deuxième étude, 100 participants qui soutenaient ou s’opposaient à la « cancel culture » ont partagé leurs convictions avec quelqu’un qui pensait différemment, puis ils ont discuté pendant dix minutes.
Même constat: ils ont sous-estimé à quel point leurs attitudes allaient se dépolariser. L’analyse détaillée des questionnaires a révélé qu’ils ont sous-estimé à quel point ils seraient d’accord avec les raisons de l’autre, les efforts qu’ils déploieraient pour se comprendre et leur réceptivité à l’autre perspective. Ils ont surestimé à quel point leur partenaire essaierait de défendre son point de vue et de les convaincre. Là encore, les changements d’attitude étaient toujours présents une semaine après.
Une troisième étude a révélé une autre raison pour laquelle les gens avec des opinions opposées sur la cancel culture sous-estimaient leur accord : ils pensaient qu’ils différaient sur le principe même de la cancel culture, alors qu’en fait, ils pensaient simplement à des exemples différents. Lorsqu’on leur a donné d’autres cas à discuter, ils ont découvert des zones d’accord inattendues.
D’autres études, incluant des participants britanniques, ont confirmé que les gens sous-estiment à quel point leurs attitudes vont s’adoucir pendant une conversation. Ils négligent aussi les différences dans la façon dont ils interprètent un sujet, différences qu’une conversation peut combler rapidement.
Cette recherche a des limites. Tous les participants venaient des États-Unis ou du Royaume-Uni. Des études antérieures suggèrent que les personnes issues de cultures orientales ont plus de tolérance pour les idées qui semblent contradictoires, ce qui pourrait les rendre plus ouvertes à l’idée que des gens ayant des attitudes différentes peuvent trouver un terrain d’entente.
Mais ce travail contribue à un ensemble croissant de recherches montrant qu’on a tendance à être inutilement pessimistes sur la façon dont se dérouleront les conversations avec d’autres personnes. Les chercheurs écrivent que cette étude « révèle que des attentes mal calibrées peuvent créer une barrière inutile au discours civil, laissant les personnes ayant des points de vue divers plus divisées, plus polarisées et moins informées qu’elles ne le seraient autrement ».
Le mot clé dans cette phrase est « civil »: Si vous parvenez à empêcher les discussions de dégénérer en disputes, vous pourriez découvrir que la découverte d’au moins un terrain d’entente conduit à moins de conflits à l’avenir. (Cyril Malka)
Vous trouverez cette étude ici:
https://psycnet.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fpspa0000469




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