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Coaching - Psychologie - Développement Personnel

Blessures

(05/05-2015) – Il y a quelques années, bien longtemps, ça devait être en 1992 ou 1993, un truc comme ça, je marchais dans la rue avec mon copain, Rix (il s’appelle « Richard », ce qui, en danois, est prononcé « rikarde », donc il préférait le diminutif : Rix).

Nous marchions dans la rue et nous parlions et tout d’un coup, Rix m’interrompt pour me dire : « Oh ! Putain ! Mais où se cachent-ils en hiver ? » Comme j’étais en train de parler, et que nous parlions musique, je n’ai pas vraiment compris.

– Hein ? De quoi tu parles ?
– Ben, des seins de la nana qu’on vient de croiser !
– Quelle nana ?
– Tu l’as pas vue ?

J’ai haussé les épaules : ben non !

Plusieurs fois, alors que nous marchions et parlions, Rix se retournait pour regarder un derrière, un dos, une épaule… Rix me faisait penser à un vieux cochon, même s’il est plus jeune que moi.

Je ne sais pas si Rix regarde également les filles lorsqu’il se promène avec sa femme. Je ne lui ai jamais posé la question et je ne me souviens pas avoir marché dans la rue avec eux.

Mais je connais plusieurs hommes qui regardent et détaillent les femmes, qu’ils soient seuls, avec un copain ou avec leur compagne. Certains vont même jusqu’à faire des compliments à haute voix à propos du physique de l’inconnue… même s’ils sont avec leur compagne.

Ceci mène régulièrement à des problèmes dans le couple et à plusieurs ruptures, voire divorces. On peut voir régulièrement ce genre de question sur le net : Mon mari mate les filles, il ne peut pas s’en empêcher, que puis-je faire.

En réponse, on y trouve des conseils qui, au mieux, sont inefficaces ou, au pire, vont jeter de l’huile sur le feu comme : « Faire la même chose » ou « lui coller une baffe ». Même si cette dernière possibilité peut calmer les nerfs, elle n’arrange généralement pas grand-chose.

À la clef, des explications aussi vaseuses les unes que les autres : « c’est dans la nature de l’homme » ou « c’est un instinct millénaire pour “diffuser plus largement l’espèce” “ou autre explication improuvable et improuvée.

Rien ne prouve que ce soit dans la nature de l’homme ou que ce soit instinctif puisque seuls certains exemplaires sont touchés par cet ‘instinct’. D’après une étude faite à l’Université de Bristol, en Angleterre en 2012, les hommes passent en général moins de temps à regarder les femmes que les femmes passent de temps à regarder d’autres femmes. Ce qui est assez logique si on veut rester dans ‘l’instinctif’ car il est plus logique qu’une femme se méfie d’une concurrence éventuelle qu’un homme.

Alors, il vient d’où, ce truc ? Et surtout, surtout, est-ce qu’on peut y faire quelque chose ?

L’origine de cette habitude ne se perd pas dans la nuit des temps ou n’a pas ses racines dans la préhistoire, mais, tout simplement, sous la puberté : la plupart des hommes ont développé cette habitude lors de l’adolescence.

Regarder les filles passer, rêver, commenter avec les copains, se faire des films, des fantaisies.
La plupart du temps, il s’agit d’un grand manque de confiance en soi. Le jeune homme veut ‘se trouver’ et il bâtit une fantaisie sur la fille qui vient de passer. Ce qu’il pourrait lui faire, ce qu’elle pourrait faire…

Lorsque la vue d’une fille est associée à ce plaisir, le cerveau envoie une bonne dose de dopamine, ce qui fait que le jeune homme en tire un plaisir. C’est la récompense attribuée par le cerveau.

Si le jeune homme évolue tout en ayant toujours un problème de confiance en soi, il va de soi qu’il va continuer ses fantaisies afin de recevoir sa dose de dopamine et qu’il est plus facile de se prendre une dose de dopamine régulière en regardant une paire de seins plutôt que de travailler sur une relation en cours.

Les médias, qui ne sont pas nés avant-hier savent parfaitement jouer de ce phénomène et aujourd’hui, une grande majorité de pubs montre une femme dénudée, ou légèrement vêtue, que ce soit pour vendre une voiture, du dentifrice ou un aspirateur.

Le cerveau de ceux qui ont une facilité à se laisser perturber par la vue d’une femme se voit relativement souvent bombardé par les impressions. Ce qui participe à garder l’habitude en vie.

Alors, c’est bien beau, tout ça, mais comment on change ?

La bonne nouvelle est que c’est possible à changer. C’est même parfaitement réalisable.

La mauvaise nouvelle est que cela ne peut pas être changé par mesdames. Rien de ce que la partenaire peut faire ou dire ne peut changer cela si monsieur ne veut pas changer.

Je ne sais pas

N’oublions pas qu’avant tout ‘je ne peux pas changer’ est faux. S’il y a une chose qui différencie l’être humain des autres animaux, c’est bien cette faculté de pouvoir changer et d’évoluer. Après, chacun doit prendre la responsabilité de ce qu’on veut et de ce qu’on ne veut pas changer.

Donc la seule façon dont la partenaire peut influencer la situation, c’est en faisant comprendre à son partenaire qu’il y a un problème, que celui-ci peut mener à de gros problèmes entre eux et qu’il peut changer s’il le veut.

Le reste du travail doit être fait par monsieur.

Nous ne parlons ici de ni plus ni moins qu’un TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), mais comme celui-ci est utilisé à des fins économiques pour vendre des produits et autres, bref, comme il y a un marché, il est devenu accepté par une partie de la population.

Mais il s’agit d’un TOC, et on peut s’en débarrasser de l’exacte même façon dont on peut se débarrasser d’autres TOCs, c’est-à-dire :

1. Le sujet doit reconnaître et accepter que nous parlons ici d’une habitude qu’il a construite. Il ne s’agit ni d’un réflexe incontrôlable, ni d’un instinct ancestral, ni de rien d’autre. C’est une habitude, construite à un moment donné et qui peut donc être déconstruite en faisant un travail sur soi.

2. Lorsque cette partie est intégrée, il s’agit de ce concentrer alors sur les façons dont cette habitude est entretenue : films ? Programmes de variété ? Vidéos ? Pornographie ? Il s’agit de faire le point sur ces habitudes et de les changer. Il faut arrêter de nourrir son cerveau de ces images et impressions.

3. Enfin, il s’agit d’accepter qu’il soit assez naturel de noter les femmes attractives, bien entendu. Le but de la manœuvre n’est pas de s’enfermer dans un aveuglement quasi monacal, mais de comprendre qu’il y a une différence entre noter une personne particulièrement attractive de temps à autre et de focaliser son attention et de détailler ou de se retourner sur la plupart des sujets de l’autre sexe.

Dans les cas où on ne peut pas y arriver tout seul, si on manque de conseils, de méthodes, de techniques, il ne faut pas hésiter à contacter un thérapeute afin qu’il vous aide à résoudre ce problème.

Comme dans beaucoup d’autres cas, la solution est simple, mais pas nécessairement facile et cela va demander du travail. Mais on ose espérer que la relation qui est en jeu est si importante que cela vaille le coup de travailler sur une mauvaise habitude. (Cyril Malka)

© 2015 – Malka

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