06/08/1993

Lorsque l’angoisse devient un symbole

Anxiété

La psychologie est une chose, et la psychanalyse est une tout autre chose ! Quelle est la différence ? Un psychologue s’occupe, entre autres, de gens qui sont en crise. Il est question d’une situation d’urgence où on creuse un peu, mais, en fin de compte, pas spécialement beaucoup. La psychanalyse, par contre, est presque de la spéléologie ! On creuse jusqu’aux premiers souvenirs (très souvent jusqu’à l’âge d’un an et demi, deux ans) sans autres méthodes que la parole. Je dois avouer que personnellement, et jusqu’ici, je n’ai jamais pu creuser plus loin que jusqu’à l’âge de deux ans, deux ans et demi, mais ça peut être amplement suffisant !

Du fait où je m’occupe de gens ayant des problèmes dus à des mouvements religieux, et qui sont dans un genre de crise assez spéciale (il n’est pas là question de crise “psychique”, mais de crise “existentielle”), je suis obligé de jouer d’abord le rôle de psychologue pour, petit à petit, me soustraire au rôle de psychologue et entrer dans le rôle d’analyste.

La “Psychologie des profondeurs” de Jes Bertelsen

En danois, on appelle également la psychanalyse: “psychologie des profondeurs”, car on utilise les mêmes méthodes que la psychologie, c’est à dire, des conversations. Mais en psychanalyse on remonte plus en arrière dans la mémoire et on trouve et travaille la source de différentes névroses.

Après avoir appris le danois, j’ai examiné ce que le Danemark avait de littérature sur la psychologie. J’ai trouvé un livre intitulé : “Psychologie des profondeurs”, de Jes Bertelsen . Je l’achetai donc et commençai à le lire. Je dois admettre que je ne trouvais pas que ce que je lisais était en relation avec la psychanalyse. En réalité, on pourrait tout à fait, d’après moi, faire abstraction de Jes Bertelsen pour ce qui est de la psychologie ou de la psychanalyse. Les idées de Jes Bertelsen n’ont, toujours d’après moi, absolument rien à voir avec cette matière. Le problème est seulement que je suis tombé sur lui (ou sa doctrine) plus de fois que je n’aie apprécié. Malheureusement, souvent en relation avec des personnes qui étaient grièvement endommagées psychiquement.

J’aimerais ici me dépêcher d’ajouter que je n’ai encore jamais pris de patients “en charge” directement après Jes Bertelsen , seulement après d’autres “thérapeutes” qui ont été influencés ou se disent être inspirés de lui. Sur cette base, Jes Bertelsen peut toujours dire: “- Ah oui, mais j’ai été mal compris. Ça n’était pas ce que j’avais dit.”

Mais, vu sous un autre angle, on pourrait être sujet à penser qu’une technique, une méthode, qui peut exclusivement être utilisée par “l’inventeur” ne peut pas être utile pour beaucoup de gens, n’est-ce pas ?

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12/03/1992

Ils attendent dans un enfer le paradis promis

Cyril Malka - 1992

(03/12-1992) – Les Témoins de Jéhovah imprègnent presque tout le monde avec le même modèle psychologique qui peut pousser les anciens Témoins au suicide, écrit un psychanalyste.

L’homme assis devant moi, baisse les yeux.

“- Bon, dis-je, que ressens-tu par rapport à ça ?”
“- Ben… d’un côté, on dit que ça ne peut pas être vrai, et d’un autre côté, ma raison me dit que…” 
“- Je ne t’ai pas demandé ce que ta raison te dit, ni ce qu’”on” dit. Je t’ai juste demandé à toi ce que tu ressens personnellement. Donc, je répète : que ressens-tu par rapport à ça ?” 
” -Pardon… Tu disais ?”

Ce genre de dialogue avec des anciens Témoins de Jéhovah (appelé “la Vérité “) se passe tous les jours dans ma consultation, malheureusement. Pour ceux qui sont partis d’eux-mêmes (appelé “renégats”) ou se sont faits rejeter (appelé “exclus “) leur vie sentimentale n’est rien d’autre qu’un énorme pêle-mêle.

Ceci ne veut pas dire que les Témoins de Jéhovah sont incapables d’avoir des sentiments, bien au contraire ! Mais ils n’ont pas l’habitude de leur donner un nom. À vrai dire, ils n’osent pas. Ils essayent de se fuir. Mais personne ne peut faire ça. Leur dernière défense est donc de ne pas comprendre ce que je dis. Ou ne pas entendre ce que je dis.

C’est le dernier bastion qui défend chaque sentiment, n’importe quelle opinion personnelle, n’importe quelle partie de la personnalité telle qu’elle était avant la rencontre avec les Témoins de Jéhovah.

Ce bastion est construit d’angoisse, de perception déformée de la réalité, de culpabilité et de surveillance. Il est construit par la société de la Watch Tower: L’organe central des Témoins de Jéhovah qui, dans le monde entier comprend à peu près 9 millions de personnes (y compris ceux qui sont seulement “intéressés”.)

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