04/22/2014

Internet et auto-mutilation des adolescents

Automutilation

(22/04-2014) – De nouvelles études portent à penser que certains forums de discussions sur le net qui répandent des informations sur la pratique de l’auto-mutilation ont une influence importante sur les adolescents. L’influence d’internet peut aller de l’aide à arrêter, mais elle normalise aussi beaucoup et encourage le comportement d’auto-mutilation et le comportement dangereux chez les adolescents en recherche d’une identité. Plus de 400 forums ont été identifiés et ont fait l’objet de recherches intensives. La plupart de ces forums sont utilisés par des filles, qui se décrivent comme étant dans la tranche d’âge 12-20 ans.

« Je crois que ma pire angoisse est d’être oubliée. Un prof de l’année dernière ne se souvient même pas de mon nom. Comment je sais que j’existe ? Au moins, lorsque je m’automutile, je sais que j’existe» (message sur un forum sur l’automutilation)

Internet nous donne un point de vue assez précis dans le monde de l’adolescence, car les adolescents, ayant la possibilité d’être totalement anonymes, utilisent beaucoup le net. Les chercheurs peuvent donc, en se tournant vers internet, avoir un bon angle de vue sur la façon dont pensent et agissent les ados. Point de vue qui était difficile à obtenir auparavant.

Internet est une source très importante d’informations sur les adolescents qui se sont marginalisés, car il leur est facile d’y trouver d’autres qui leur ressemblent et d’échanger des informations plus difficiles à trouver lorsqu’on est obligé d’utiliser son identité.

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Les adolescents qui s’automutilent appartiennent à ce groupe de la population.

Il n’y a pour l’instant que très peu de matériel sur l’automutilation qui pourtant est une chose qui devient de plus en plus courante et, dans cet article, il sera démontré que c’est une pratique tellement utilisée qu’on y trouve des centaines de communautés virtuelles.

 

Les adolescents et l’utilisation d’Internet

Le nombre d’adolescents qui utilise Internet a littéralement explosé ces dernières années.

D’après les chiffres, près de 80 % des ados utilisent Internet et à peu près 50 % d’entre eux se connectent à Internet au moins une fois par jour. D’après les sondages effectués pour Kazibao par l’Institut Louis Harris, 83 % des Parisiens utilisent internet contre 73 % des provinciaux. L’étude n’étant pas toute fraîche, il est fort probable que les chiffres de 2006 soient plus élevés.

Lorsqu’ils sont connectés, les adolescents utilisent le net à différentes fins, mais les recherches de Gross, Roberts, Foehr et Rideout (2004 et 2005) démontrent que les adolescents utilisent surtout Internet à des fins sociales. Internet est devenu un point de rencontre pour les jeunes où ils peuvent passer quelques heures avec leurs amis.

Beaucoup d’adolescents ont expliqué qu’ils préféraient le net aux autres médias, télévision, téléphone et radio inclus.

Environ 89 % des jeunes utilisent le courriel et 75 % une forme de messagerie instantanée (genre ICQ, Yahoo, MSN) ce qui leur permet d’avoir plusieurs dialogues simultanés avec différentes personnes.

Plus de 50 % des adolescents possèdent plus d’une adresse courriel ou plus d’un pseudo de messagerie instantanée, ce qui leur permet de parler avec des amis comme avec des étrangers et de participer à des forums de discussion ou des forums de chat tout en restant anonymes.

Internet et le développement social et émotionnel des adolescents

Il y a trois choses importantes dans le développement d’un adolescent : 1) établir des relations amicales et signifiantes, 2) trouver une acceptation et une appartenance à des groupes sociaux et 3) établir une intimité interpersonnelle.

201107051646.jpgLes autres adolescents jouent un rôle crucial dans ce processus, car une bonne relation aux autres jeunes a une grande importance dans le développement psychologique, le bien-être et l’ajustement social de l’adolescent.

Certaines études ont suggéré que les adolescents ayant une utilisation intensive d’internet développent un état d’isolation et sociale et de dépression.

Ces études sont aujourd’hui très discutées et des études plus récentes démontrent que l’effet du net a changé et qu’internet a une influence différente envers les personnes introverties et les personnes extraverties : les personnes extraverties trouvent plus de connexions sociales et les introverties deviennent plus déprimées et renfermées.

D’après Heitner, les adolescents qui utilisent les bavardages en ligne ont moins de compétences sociales et de contacts positifs avec leurs camarades que les autres.

Apparemment, les adolescents qui ont de fortes connexions sociales utilisent la messagerie automatique afin de renforcer ces contacts alors que les adolescents ayant de moins bonnes compétences de contact compensent sur le net en trouvant de nouveaux amis en ligne en utilisant un certain anonymat.

Ces résultats suggèrent donc que les chats et autres forums où les adolescents trouvent un forum protégé par l’anonymat sont des endroits de prédilection pour les adolescents ayant des problèmes d’adaptation sociale. L’anonymat de certains forums et les bavardages en ligne leur donnent une possibilité d’avoir une relation à d’autres et de cette façon, d’explorer leur identité.

L’adolescence est un état dans lequel on est facilement stressé. Les adolescents éprouvent le besoin d’exprimer leurs émotions et d’échanger des façons de gérer ces situations de façon indépendante des parents.

Internet est un média fantastique pour arriver à ce but, car il permet à l’adolescent d’entrer rapidement en contact avec d’autres et de pouvoir échanger les façons de gérer. Internet peut être un moyen d’apprendre à gérer certaines situations, mais il peut aussi bloquer l’adolescent dans un état de détresse ou même la renforcer si l’information échangée renforce les vues négatives sur soi-même ou propose des solutions inefficaces, négatives, voire destructives, aux problèmes rencontrés.

Dans cet article, nous allons examiner le rôle d’internet chez l’adolescent qui utilise l’automutilation comme façon de gérer ses problèmes.

Ces jeunes ont une forte tendance à s’exprimer au travers d’internet, car ils peuvent s’y exprimer de façon totalement anonyme et trouver de l’aide chez des personnes qui partagent le sens de la marginalisation et comprennent leur comportement.

À aujourd’hui, on ne sait que peu de choses sur les adolescents qui pratiquent l’automutilation et il n’y a qu’une seule étude faite sur la façon dont ces adolescents utilisent internet (Whitlock, Powers et Eckenrode).

L’automutilation de l’adolescent en tant que phénomène de développement 201107051648.jpg

Le nombre d’histoires et d’anecdotes dans la presse et dans les médias populaires, le nombre de rapports envoyé par les psychologues scolaires, les éducateurs et les thérapeutes augmentent de jour en jour. C’est ce qui porte certains spécialistes à appeler l’automutilation « le prochain syndrome de la jeunesse ».

Les spécialistes voient une différence entre l’automutilation et le perçage ou le tatouage. La différence n’est pas trop dans la forme, mais plutôt dans l’intention. L’automutilation est rarement le fait de vouloir embellir quoi que ce soit. L’automutilation joue surtout sur le fait de vouloir souffrir ou de faire souffrir son corps pour une raison non reconnue socialement et sans l’intention de se suicider.

L’automutilation qui, la plupart du temps est associée à l’idée de se couper, peut prendre une autre forme. Cela peut être couper ou graver la peau et le tissu sous-cutané, griffer, brûler, arracher la peau ou des poils, voire les cheveux, avaler des substances toxiques, se faire des bleus et se casser certains membres.

Même si l’automutilation n’est pas une tentative de suicide, celle-ci y est rattachée, c’est « de la même famille » pourrait-on dire et peut avoir une issue fatale.

Il n’y a aucune estimation fiable du nombre d’automutilations chez les adolescents.

Certaines recherches ont été menées aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais ces recherches ont été menées sur les adolescents qui en traitement en clinique ou sur un tout petit échantillon de la population.

D’après les résultats obtenus, environ 20 % des adolescents en clinique s’automutilent.

D’autres études menées aux États-Unis suggèrent que le taux d’adolescent qui s’automutile est entre 4 % et 38 %, ce qui laisse une certaine marge. Une étude assez complète faite au Royaume-Uni annonce qu’environ 10 % des jeunes dans la tranche d’âge 11-25 ans s’automutilent.

Les raisons pour lesquelles l’automutilation devient de plus en plus populaire ne sont pas très nettes, mais on craint que le fait de plus facilement pouvoir en parler et de plus facilement pouvoir entrer en contact avec des personnes qui pratiquent l’automutilation, comme sur internet, puisse avoir une influence négative sur le taux d’automutilation.

On a constaté que l’automutilation suit une tendance presque épidémique dans les institutions fermées comme dans les cliniques et dans les détentions.

Elle est « psychologiquement contagieuse » pourrait-on dire.

L’augmentation de l’automutilation dans les institutions est assez semblable au développement de l’anorexie dans les années 80.

L’anorexie, qui n’était pas très connue a connu un boom lorsque les médias ont commencé à décrire cet état comme une façon d’exprimer ses émotions. De ce fait, les personnes psychologiquement influençables ont facilement et rapidement pris ce mode d’expression, poussant parfois l’expression jusqu’à une issue fatale.

Même si on n’a pas encore défini le profil type de la personne qui s’automutile, les chercheurs indiquent que ce comportement est plus typique de l’adolescence que de l’adulte ou de l’enfant.

Il commence le plus souvent avec l’adolescence, va en augmentant jusqu’au milieu ou à la fin de l’adolescence pour décliner à l’âge adulte. Il y a quand même toute une catégorie de personnes qui, adultes, continuent à s’automutiler.

Il est difficile de savoir si les personnes qui s’automutilent sont plutôt femmes ou hommes, mais la plupart des recherches qui ont été faites jusqu’ici suggèrent que la majorité est composée d’adolescents de sexe féminin.

Si on lit les études de Conterio et Lader ainsi que Favazza, il y est décrit que les femmes composeraient la majorité des personnes qui s’automutile. D’après d’autres études, entre autres Briere et Gil, la différence ne serait pas aussi grande qu’on pourrait le croire, mais il y aurait de toute façon une prédominance de filles.

Suicide et automutilation

La relation entre l’automutilation et le suicide est importante, mais elle n’est pas vraiment comprise. Apparemment, les personnes qui s’automutilent ont une plus grande tendance à penser au suicide et même à faire des tentatives.

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Néanmoins, la plupart des personnes qui s’automutilent utilisent cette méthode pour canaliser la détresse plutôt que pour signaler une envie de terminer sa vie.

Dans la population clinique, on constate l’automutilation chez les personnes présentant un état limite de la personnalité (borderline), des troubles alimentaires, un état de stress post-traumatique, une dépression, de l’anxiété et un passé de maltraitance ou de traumatismes.

Certains chercheurs ont proposé un nouveau diagnostic : trouble du contrôle des pulsions, syndrome d’automutilation délibérée.

Certains thérapeutes lient l’automutilation à un trouble émotionnel qui serait l’expression de la manifestation d’un traumatisme de l’enfance.

Il est parfaitement possible que ce soit le cas pour les patients n’ayant pas été en clinique. Pour ceux ayant été en clinique et en observation, il est évident que leur comportement d’automutilation est fortement lié aux difficultés que ces personnes ont à gérer les émotions et le stress.

Ces personnes paraissent extrêmement sensibles et certaines choses qui arrivent dans leur vie leur paraissent vite insurmontables ou ingérables.

Elles se sentent vite stressées et n’étant pas capable de gérer ces émotions, n’étant pas capable de gérer l’automutilation qui suit et la honte associée à cette réponse inadaptée ainsi que le secret lié à ce comportement, leur perception d’elles-mêmes, en tant que personnes, devient vite marginalisée.

Internet propose à ces personnes une identité anonyme et une possibilité de partager les aspects actuels comme les aspects fabriqués de leur personnalité avec une communauté de personnes qui leur ressemble.

Les jeunes qui ont des tendances dépressives parlent plus facilement à des étrangers en ligne et dévoilent plus d’informations que les jeunes sans symptomatologie dépressive.

Les adolescents ayant une tendance à l’automutilation seront donc plus enclins à se tourner vers une communauté virtuelle.

Certaines communautés apportent une aide à l’adolescent, ceci est indéniable. Malheureusement, certaines autres auront une influence opposée.

Symptômes et influence

Whitlock, Powers et Eckenrode ont analysé 406 forums de discussion fréquentés par des adolescents qui s’automutilent ainsi que les messages contenus sur ces forums.

Ces forums sont modérés ou non modérés.

C’est-à-dire que dans les forums sans modération, les adolescents peuvent écrire ce qu’ils veulent sans que personne s’en mêle.

Ce n’est pas le cas dans les forums modérés.

Il y a différentes formes de modérations. Certaines modérations se font avant la publication du message – le message est envoyé au modérateur qui le lit et l’accepte, le change ou le refuse (niveau de modération élevé) ou bien le modérateur suit la discussion et met un label sur certains messages pour, de cette façon, avertir les lecteurs d’un contenu (photo ou texte) explicite (modération moyenne). Les forums qui sont utilisés dans ces études sont des forums à modération moyenne ou sans modération.

Il a été fait une analyse des comportements et des conditions dans lesquelles se trouvaient ces jeunes.

Lorsqu’on parle d’automutilation, la plupart des messages, 56 %, ne portent mention que de cela et ne sont donc pas reliés à un autre problème psychologique ou à un autre syndrome (c’est-à-dire : aucune comorbidité).

Mais 44 % des messages sont comorbides. C’est-à-dire parlent, ou portent la marque, d’un comportement comorbide (comorbidité étant la présence simultanée de deux ou de plusieurs maladies ou troubles, physiques ou psychologiques chez un même individu).

Les comportements les plus fréquents sont la dépression (32 %) et les troubles alimentaires (17 %).

Moins fréquent, mais quand même présent, on trouve les problèmes d’identité dissociative et de personnalités multiples (10 %), la pathologie bipolaire (9,2 %), sévices sexuels (7 %), Les Troubles Obsessionnels

(TOC) (7 %), la dépendance (2,8 %), l’anxiété (2,8 %), des problèmes relationnels liés à l’homosexualité, la bisexualité ou la transsexualité (2,8 %) et l’autisme (1,4 %).

80 % des participants disait avoir entre 14 et 20 ans et 31 % de ces membres disait avoir 15 ou 16 ans. Nous savons, par d’autres analyses, que les adolescents ont une tendance à se dire un peu plus âgés que leur âge réel.

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Une caractéristique notable des forums est que les membres ont généralement une image liée à leur profil. La plupart étant des photos de personnes comme Emily the Strange ou des images de blessures qui saignent, de cicatrices ou des icônes sanglantes. Les signatures des messages contiennent, quant à elles des lignes de chansons, de poésie ou de livres qui expriment des émotions, souvent de tristesse et de dépression comme :

« Tant que mon cœur saigne, mon corps saignera ».

Le contenu des messages est partagé en différentes dominantes et le soutien aux autres est le thème qui revient le plus souvent. Ce thème revient dans 28,3 % des messages.

Les discussions sur ce qui motive l’automutilation sont la deuxième plus grande catégorie. On y trouve 19,5 % des messages.

Lorsqu’on voit cette catégorie en détail, on y trouve que la raison la plus importante pour s’automutiler est un conflit avec une ou plusieurs personnes importantes (34,8 %), suivi par la dépression (24,8 %) et le stress (10,3 %).

Le thème important suivant est le secret : comment garder son automutilation secrète, l’angoisse d’être découvert et la peur d’être découvert. Ceci est le sujet de 9,1 % des messages.

Les messages qui présentent l’automutilation comme une dépendance ou qui en parlent en termes de dépendance : « Je rêve toujours de sang et de lames de rasoir », cela fait maintenant xxx jours/semaines/mois que je tiens le coup sont presque aussi fréquents.

Les demandes d’aide physique ou mentale se retrouvent dans 7,1 % des cas

(certains messages pouvaient contenir plusieurs catégories donc le total des pourcentages sera supérieur à 100 %)

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Utilisation des forums

La deuxième étude qui a été faite sur les forums a porté sur quatre grandes catégories : 1) Demande d’aide et divulgation, 2) Explication de techniques, 3) comorbidité et 4) attitude vis-à-vis de soi ou d’autres membres du forum.

L’analyse des messages a été basée sur deux tendances principales : une dans laquelle les échanges positifs étaient de mise et l’autre dans laquelle on y trouvait les échanges négatifs.

Chaque message peut être relié à plusieurs catégories (positives, négatives ou mélangées).

Le résultat de l’étude des forums a démontré que la plupart des messages d’automutilation étaient liés à des conditions de dépression, de troubles alimentaires et de suicides.

La plupart des dialogues proposent de l’aide officieuse et un dialogue. De cette façon, le forum représente une aide à la personne hors de toute statistique clinique.

Ce que l’adolescent qui s’automutile fait en ligne sur les forums est d’échanger du soutien, de partager des histoires personnelles sur sa vie de tous les jours et d’exprimer des opinions et des idées.

Comme l’anonymat proposé par le net inspire la confiance, l’adolescent osera généralement plus facilement se confier. Ceci peut être un point très important pour le développement de l’adolescent qui de cette façon ne se sent plus seul et isolé

Le côté négatif de ces forums est que le fait de participer à des discussions sur l’automutilation expose les adolescents vulnérables à une subculture dans laquelle l’automutilation est normalisée et encouragée. Ceci est d’autant plus dangereux que d’autres travaux démontrent que l’automutilation comporte des éléments de dépendance (Yates – 2004 – fera l’objet d’un article ultérieur).

Dans le tableau ci-joint, on peut voir la façon dont les informations sont assemblées dans les divers messages.

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(Cliquez sur l’image pour voir un agrandissement)

Chaque information a été numérotée de 1 à 17. On peut voir les informations qui se croisent. Par exemple, la variable des personnes qui partage des techniques (1) et qui demande des techniques (2) est de .231 (ce qui veut dire 0,231).

Ceci est ce qu’on appelle la corrélation de Spearman et les résultats veulent dire :

– 1 = Parfaitement négatif Entre -1 et – .5 = Fortement négatif Entre – .5 et 0 = Faiblement négatif 0 = aucune corrélation entre 0 et .5 = Faiblement positif Entre .5 et 1 = Fortement positif 1 = Parfaitement positif.

On pourra donc comparer en disant que les personnes qui partagent des techniques (1) ont une plus grande tendance à décourager la divulgation (.332) que de suggérer un traitement (- .25).

L’adolescent qui recherche la satisfaction de faire partie d’un groupe de personnes auxquelles il puisse s’identifier peut se laisser influencer par le comportement autodestructif de certains participants. Le nombre de messages qui découragent la divulgation et qui partagent les techniques d’automutilation confirme cette possibilité.

Certaines choses peuvent envenimer ce processus, par exemple ces forums qui ont des liens vers des sites internet qui font la promotion de l’automutilation et sur lesquels on peut acheter des bracelets ou des vêtements qui indiquent le « degré » ou « niveau » d’automutilation auquel on est arrivé.

Le nombre de clubs où l’automutilation fait partie du rituel d’admission a également augmenté de façon vertigineuse, tout comme le nombre de forums spécialement conçus pour partager des techniques d’automutilation, ce qui augmente la distance prise par l’adolescent à la divulgation d’information et à la recherche d’aide. Les adolescents vulnérables peuvent facilement être pris dans le jeu et ne plus pouvoir en sortir, au risque de perdre les seuls « amis » auxquels ils ont une relation.

Il est évident, avec ces études, que nous devons accepter le fait qu’internet joue un rôle extrêmement important dans les idées, dans la culture et dans la construction de la personnalité des adolescents. Ce qui arrive dans le monde virtuel est pour ainsi dire invisible aux adultes et au personnel traitant.

Il est – bien entendu – impossible de contrôler tout ce que fait un adolescent sur internet, mais il est très important que les adultes sachent ce que les adolescents, spécialement les adolescents vulnérables, peuvent rencontrer sur le net et prennent ce phénomène en compte.

Internet n’est pas la télévision, cela va beaucoup plus loin et l’autorité parentale s’exerce également dans ce domaine.

(Cyril Malka – 05/07-2006)

Notes:

E.F. Gross – Adolescent Internet use: What we expect, what teens report (Journal of Applied Developmental Psychology, 25, 633-649) (2004).
Roberts, Foehr and Rideout – Generation M: Media in the lives of 8-18 year-olds (2005).
Baumeister and Leary – The Need to belong: Desire for interpersonal attachments as a fundamental human motivation (Psychological Bulletin, 117, 497-529) (1995)
Reis and Shaver – Intimacy as an interpersonal process (Handbook of personal relationships: Theory, research and interventions – pp. 367-389) (1988) Sullivan – The interpersonal theory of psychiatry (1953)
Kraut et al. – Internet paradox: A social technology that reduces social involvment and psychological well-being? (American Psychologist, 53, 1017-1031) (1998)
Whitlock, Powers and Eckenrode – The Virtual Cutting Edge: The Internet and Adolescent Self-Injury (Developmental Psychology, 42) (2006).
Heitner – The relationship between use of the Internet and social development (dissertation de doctorat, non publiée) (2002)
Matthews – Epidemic self-injury in an adolescent unit (International Journal of Social Psychiatry, 14, 125-133) (1968)
Ross and McKay – Selfmutilation (Lexington Books) (1979)
aiminen, Kallio-Soukainen, Nokso-Kokvisto et al. – Contagion of deliberate self-harm among adolescent inpatients (Journal of the American Acaddemy of Child & Adolescent Psychiatry, 37, 211-217) (1998)
Conterio & Lader – Bodily harm: The breaktrhough healing program for self injurers (1998)
Favazza – Self-mutilation /The Harvard Medical Scholl guide to suicide assessment and intervention (pp. 125-145) (1999)
Briere & Gil – Selfmutilation in clinical and general population samples: Prevalence, correlates and functions (American Journal of Orthopsychiatry, 68, 609-620) (1998)
Deiter et al. – Self-injuries and self capacities: Assisting an individual in crisis (Journal of Clinical Psychology, 56, 1173-1191) (2000)
Ybarra, Alexander & Mitchell – Depressive syptomatology, youth Internet use, and online interactions: A national survey (Journal of Adolescent Health, 36,9-18) ( 2005)
Yates – The developmental psychopathology of self-injurious behavior: Compensatory regulation in posttraumatic adaptation (Clinical Psychological Review, 24, 35-74) (2004)

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