Lorsque le chef est psychopathe

Manipulation

(01/04-2014) – D’après les experts, jusqu’à 10 % des chefs ont des traits de psychopathes. Les psychopathes terrorisent leurs subordonnés, et si votre chef est une personne de ce genre, il ne vous reste qu’une chose à faire : fuir !

Il peut paraître difficile de cerner le problème, mais tout d’un coup, il se passe des choses que vous ne comprenez plus : des arrangements, que vous pensiez étaient clairs et nets ne sont apparemment plus valables. Les collègues sont dressés les uns contre les autres. À un moment, vous êtes le chouchou, l’instant d’après, on vous démolit.

Tout ce qui était système laisse place à l’imprévisibilité. L’angoisse et l’insécurité deviennent des éléments de tous les jours sur le lieu de travail.

Cela vous dit quelque chose ?

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Si oui, cela veut peut-être dire que votre chef est psychopathe.

Le chasseur de têtes suédois, Lars-Olof Tunbraa, a écrit un livre sur le sujet : « Les chefs psychopathes, tout aussi dangereux que charmants ». Dans ce livre, on peut y lire toute une série d’histoires de chefs qui manipulent les autres et qui déstabilisent le lieu de travail dans lequel ils se trouvent.

On peut également y trouver une foule d’informations sur la façon dont on peut reconnaître un psychopathe et comment on s’en libère.

Du charme à l’horreur

Il y a une foule d’exemples d’employés capables et compétents qui quittent leur poste à cause d’un chef qui leur mène une vie impossible.

Si on regarde les descriptions de ces chefs, force nous est d’admettre qu’elles se ressemblent énormément. Ces chefs sont décrits comme des personnes qui manipulent les autres, qui menacent et  qui font peur aux employés. 

L’employé manipulé voit tout d’un coup le chef accaparer l’honneur de son travail ou du résultat de ses travaux.

En général, on croit savoir (il n’y a aucune statistique fiable) qu’environ 2 % à 3 % de la population ont des tendances psychopathiques.

Ce nombre est estimé être au moins le double pour ce qui est des chefs, car les psychopathes sont attirés par le pouvoir et la domination. De plus, beaucoup de psychopathes sont très mathématiques/logiques ce qui fait qu’ils ont de bons résultats dans les tests et les matières nécessaires qui mènent à ce genre de postes.

La personnalité du psychopathe est ambivalente. Il est charmant et positif tant qu’il considère un employé comme étant utile, mais il devient haineux et détestable lorsque cet employé n’est plus intéressant ou devient un opposant ou un concurrent. Plusieurs années peuvent se passer avant que l’on voie apparaître ce côté de la personnalité. Et de l’eau aura coulé sous les ponts avant qu’on ne comprenne qu’il est impossible de changer la situation.

Des cicatrices psychologiques

Une bonne partie des qualités d’un bon chef sont celles qui décrivent un psychopathe, qui lui, par contre, manque d’intelligence émotionnelle et de conscience. Autrement dit : Le psychopathe est incapable de ressentir de la culpabilité et il est incapable de comprendre les sentiments des autres.

Pur ce qui est des chefs, ce sont souvent des personnes relativement intelligentes, quelques-unes ont même un QI élevé. Mais leur manipulation ne connaît aucune limite. Un chef doit, bien entendu, être capable d’entrer en conflit. Mais s’il est incapable de respecter les autres, il peut devenir dangereux pour le climat général, pour les autres et pour l’entreprise . C’est la somme de ces comportements, vus dans une période de temps, qui révèle les côtés cachés de la personne : Le besoin de contrôle, la manipulation, l’irascibilité, l’agressivité…

Les conséquences d’avoir un chef psychopathe peuvent être catastrophiques.

Fatigue

Ils créent le chaos et diminuent considérablement le rendement. Tous ceux qui entrent en contact avec un psychopathe s’en tirent avec d’importantes cicatrices psychologiques. Il est donc important que la médecine du travail et les syndicats reconnaissent et comprennent la situation. Les personnes qui ont ces traits de caractère n’ont rien à faire sur un lieu de travail.

Il est important d’informer sur ce problème. Il y a beaucoup plus de chefs psychopathes qu’on le croit. Lorsque je décris ce genre de personnes, les réactions sont très souvent : – Eh ben ! Et moi qui croyais être le seul à avoir ce problème.

Généralement, nous avons une vue positive sur les autres. On se dit que les autres ne feraient pas ce que nous ne pourrions pas imaginer faire nous-mêmes. Donc, on se dit que lorsque le chef fait ce qu’il fait, ce n’est sûrement pas fait exprès. On refuse de le voir. On se dit que c’est sûrement de notre faute. On se culpabilise.

D’après les statistiques non officielles qu’on peut trouver sur le marché (surtout scandinaves), on estime que la psychopathie touche un chef sur dix. D’entre ces personnes, environ la moitié d’entre eux sont dans un état si limite qu’ils seraient jugés comme totalement psychopathes… si on avait la possibilité de leur faire passer les tests nécessaires.

Une fois psychopathe, toujours psychopathe

Rien ne semble indiquer qu’il y ait plus de psychopathes aujourd’hui qu’avant. Si le phénomène devient plus visible, c’est parce que nous vivons dans un monde dans lequel les personnes égocentriques sont récompensées par l’admiration de leurs pairs et décrochent facilement des postes hauts placés. Ils sont à même de réussir n’improte quel entretien d’embauche et de faire avaler n’importe quel bobard à un recruteur car ils sont menteurs professionnels et champions du laisser-paraître. 

De plus, la psychopathie est toujours considéré comme un sujet tabou.

Beaucoup de psychologues ont du mal à accepter qu’il existe certains dommages irréversibles. La culture française est trop bien ancrée dans l’idée qu’il y a une raison à tous les problèmes (généralement à trouver dans l’enfance) et il est exact que pour 90 % de la population, le fait d’entamer une thérapie efficace résout le problème. Mais cela ne changera rien à un psychopathe. Ils ne changent pas. Ils ne changeront jamais.

Trouvez autre chose… Vite !

Mais que faire alors, si le chef se comporte comme un psychopathe ?

Il n’y a qu’une chose à faire : prendre ses cliques et ses claques et disparaître… Aussi vite que possible.

On ne peut pas résoudre ce conflit, tout simplement, car on n’en a aucune responsabilité. La meilleure des choses à faire est de quitter cette entreprise et de se trouver un autre travail aussi vite que possible.

Si vous croyez obtenir de l’aide de vos collègues, vous vous trompez.

Dans les interviews qui ont été faites sur le sujet, on peut voir que ces chefs assurent leurs arrières. 

Un psychopathe attaque toujours sur un front tout en faisant ami-ami avec un autre front. Les autres collègues seront sous le charme manipulatoire du chef. Les autres responsables ne vous croiront pas. Personne n’y verra rien jusqu’au moment où ils deviendront victimes à leur tour.

Si on ne peut pas quitter sa place tout de suite, il faut faire attention à certaines choses.

Le plus important est de ne pas relever les défis et d’éviter les conflits. Remarquez qu’il est normal de culpabiliser. La plupart des gens ayant été en contact prolongé avec un psychpathe ont des problèmes de culpabilisation par la suite.

Très souvent, la direction, plus haut placée, ne voit pas le problème.

Il y a beaucoup d’exemples dans lesquels on peut voir que les directeurs n’ont pas réagi lorsqu’on leur a expliqué qu’un de leur chef était sûrement psychopathe. Il est difficile pour la direction d’accepter avoir mal jugé et  employé un psychopathe en CDI… Surtout que le psychopathe peut «prouver» de bons résultats (très souvent, ils sont contrefaits ou ce sont des résultats obtenus par d’autres, mais cela peut prendre du temps avant qu’on s’en rende compte.) 

De plus, renvoyer un chef, un cadre supérieur qui est en CDI… Ce n’est pas chose facile!

Il y a quand même des exemples de direction ayant renvoyé un chef à tendance psychopathique. Pour cette simple raison, il ne faut peut-être pas baisser les bras :

Demandez au service du personnel de faire un sondage (même plusieurs) et de parler avec les employés afin de voir si les problèmes d’un service peuvent venir du chef, et non des employés.

Si vous désirez changer cela, attendez-vous à devoir vous battre longtemps et durement. Cela peut être jouable, mais est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Si vous voyez que le service du personnel ou la direction ne réagit pas et ne voit pas de problème assez rapidement, sur une période de par exemple environ un an, essayez alors de trouver autre chose ou de changer de service. Si suffisamment d’employés partent, il se peut que la direction réagisse.

Le plus important, c’est vous et votre santé psychologique. C’est à vous d’avancer. N’attendez pas d’être en charpie avant de prendre les dispositions qui s’imposent. Si votre chef est psychopathe, vous ne pourrez jamais le changer, la situation ne s’améliorera jamais. (Cyril Malka)

Pour en savoir plus sur le sujet, voyez également l’article: Dans la tête d’un sociopathe

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© 2005 – 2014 – Cyril Malka.

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